COURS D'EAU

2. Les éléments de qualité

2.3 Les micropolluants

2.3.3. La contamination des bassins Rhône-Méditerranée et de Corse

2.3.3.1. La contamination par l'ensemble des substances.

Préambule : on considère qu’une station ou un échantillon prélevé est contaminé dès lors qu’un polluant y est détecté et quantifié au moins une fois. Ainsi, l'emploi du terme contamination signifie qu'un polluant a été mesuré au moins une fois durant la période étudiée (pour une station, un prélèvement...). Néanmoins, il ne donne pas d’indication directe sur l’impact environnemental ou sanitaire. En effet, pour conclure sur l’impact toxique d’un polluant, il faut qu’une norme de qualité ait été définie pour ce paramètre (ce qui n’est le cas que pour certains paramètres) et ensuite, il faut comparer les concentrations à cette norme.

La carte ci-dessous présente pour chacune des stations du programme de surveillance le nombre de paramètres distincts quantifiés au moins une fois sur la période 2022-2024 sans distinction :

  • des supports d'analyse (eau, sédiment, gammare) ;
  • de la ou des finalités de suivi des stations (RCS, CO Toxiques, RCS Pesticides, CO Pesticides) ;
  • du statut des paramètres (réglementaire, non réglementaire).

Les classes de répartition affichées sont établies à partir de la distribution statistique des données : les 5 % des stations présentant le nombre de substances quantifiées le plus élevé, ainsi que les 5 % présentant le nombre le plus faible, constituent chacune une classe spécifique (respectivement "très élevée" et "très faible"). Le reste de la distribution est ensuite réparti en trois classes homogènes. Ce découpage statistique n’a pas de signification directe en termes d’impact environnemental ou sanitaire.

Les classes de répartition calculées pour cette période tous supports confondus (eau, sédiment et gammare) sont les suivantes :

  • Très faible : ] 0-61 paramètres]
  • Faible : ] 61-117 paramètres]
  • Moyenne : ] 117-173 paramètres]
  • Elevée : ] 173-229 paramètres]
  • Très élevée : ] 229-285 paramètres]

Certains secteurs géographiques montrent des contaminations plus marquées. Ils concernent majoritairement des cours d’eau touchés par des pressions polluantes multiples (industrielle, urbaine, agricole) telles les vallées de l’Ouche (21), de la Reyssouze (01), du Gier (69), les tributaires des Etang de Berre (13), des Etangs Palavasiens (34) ou encore les cours d'eau du secteur de Belfort-Montbéliard (90) impactés par des pressions urbaine et industrielle.

En comparaison des deux périodes précédentes, le nombre de paramètres quantifiés demeure stable comme l'illustrent les classes des niveaux de contamination présentées ci-dessous.

Classes de contamination Très faible Faible Moyen Elevé Très élevé
2014-2016 ]0-34] ]34-68] ]68-101] ]101-135] ]135-169]
2015-2017 ]0-47] ]47-86] ]86-126] ]126-165] ]165-204]
2016-2018 ]0-50] ]50-94] ]94-137] ]137-181] ]181-224]
2017-2019 ]0-52] ]52-101] ]101-149] ]149-198] ]198-246]
2018-2020 ]0-52] ]52-100] ]100-148] ]148-196] ]196-244]
2020-2022 ]0-59] ]59-115] ]115-172] ]172-228] ]228-285]
2021-2023 ]0-62] ]62-119] ]119-175] ]175-232] ]232-288]
2022-2024 ]0-61] ]61-117] ]117-173] ]173-229] ]229-285]


Les augmentations observées entre 2014 et 2018, puis entre 2018 et 2022, s'expliquent par le renouvellement des marchés d'analyses qui s'accompagne :

  • d'une amélioration des performances analytiques ;
  • d'une augmentation du nombre de paramètres recherchés.

A l'inverse, entre 2022 et 2024, les analyses ont été réalisées dans le cadre des mêmes marchés d'analyses, par les mêmes laboratoires. La liste des micropolluants recherchés ainsi que les performances analytiques étant restés relativement stables sur cette période, il est cohérent d’observer une homogénéité dans le nombre de micropolluants quantifiés.