L'état ou le potentiel écologique est déterminé par l'agrégation des éléments de qualité biologiques et physico-chimiques (éléments de qualité physico-chimiques généraux et polluants spécifiques de l'état écologique). L'élément de qualité Hydromorphologie, intervenant pour évaluer le très bon état des lacs naturels, n'est pas pris en compte dans l'attente du développement d'indicateurs spécifiques. L'état des éléments de qualité biologiques est déterminant dans l'attribution de l'état écologique des plans d'eau. Ainsi, les éléments de qualité physico-chimiques ne peuvent pas déclasser l'état écologique en deçà d'un état moyen, contrairement aux éléments de qualité biologiques qui peuvent conduire à un état écologique médiocre à mauvais dans le cas de milieux très altérés par rapport aux conditions de référence.
L'évaluation du potentiel écologique ne concerne que les plans d'eau d'origine anthropique (masses d'eau fortement modifiées MEFM et masses d'eau artificielles MEA). Elle ne prend en compte, pour l'instant, que l'élément de qualité Phytoplancton parmi les éléments biologiques. Le potentiel écologique des plans d'eau d'origine anthropique a été déterminé en considérant que les pressions hydromorphologiques hors contraintes techniques obligatoires (CTO) étaient nulles à faibles pour l'ensemble des plans d'eau.
Les règles d'évaluation de l'état écologique appliquées ici reposent sur la seule prise en compte des données 2024 et éventuellement, des données Poissons d’une année antérieure (la plus récente disposant de données pour l'élément de qualité "Poissons"). Cette évaluation ne respecte donc pas strictement les règles de l’arrêté du 27 juillet 2018 relatif aux méthodes et critères d’évaluation de l’état écologique, de l’état chimique et du potentiel écologique des eaux de surface, prenant en compte les 6 années consécutives les plus récentes.
Agrégation des éléments de qualité biologiques et physico-chimiques et détermination de l'état (potentiel) écologique
Dpt : département.
Type : type de plan d'eau => naturel (NAT), anthropique (MEFM = masse d'eau fortement modifiée / MEA = masse d'eau artificielle).
Etat PCH G : état des éléments physico-chimiques généraux (agrégation des éléments de qualité "concentration en nutriments NUTR" et "transparence TRANS").
Etat PSEE : état des polluants spécifiques de l'état écologique. 17 substances prises en compte : 4 métaux (arsenic, chrome, cuivre et zinc) et 13 polluants synthétiques, dont 12 pesticides. L'état affiché prend en compte le fond géochimique défini pour certains métaux, ainsi que leur biodisponibilité. Seules deux classes d'état sont définies : B (Bon) / MOY (Moyen).
Etat BIO : état des éléments biologiques (agrégation des éléments de qualité "phytoplancton IPLAC" et autres éléments pertinents : "macrophytes IBML", "poissons IIL"). L'élément de qualité poissons n'étant pas nécessairement suivi la même année que les autres éléments de qualité (suivi réalisé par l'Office Français pour la Biodiversité), le résultat de la dernière année connue, qualifiée de correcte, est considéré pour le calcul de l'état écologique.
Etat/Pot ECO : état écologique des plans d'eau naturels / potentiel écologique des plans d'eau anthropiques.
Classes d'état : TB (Très Bon) / B (Bon) / MOY (Moyen) / MED (Médiocre) / MAUV (Mauvais) / ND (non déterminé).
Commentaire... : Assoupliss. = Assouplissement de la règle du paramètre déclassant (cf. arrêté évaluation)
Déclass. = élément de qualité déclassant ou paramètre déclassant.
IIL = Indice Ichtyofaune Lacustre (EQ biologique poisson)
IBML = Indice Biologique Macrophytique en Lac (EQ biologique macrophyte)
IPLAC = Indice Phytoplanctonique Lacustre (EQ biologique phytoplancton)
EQ = Elément de Qualité
Le tableau présente en termes de classes d'état les résultats acquis sur les 19 plans d'eau ayant fait l'objet d'un suivi annuel en 2024.
L'état/potentiel écologique n'est déterminable que sur 9 de ces plans d'eau, l'ensemble des éléments de qualité nécessaires à l'évaluation de l'état n'ayant pas été systématiquement suivi en application des règles de l'arrêté du 26 avril 2022 modifiant l’arrêté du 25 janvier 2010 établissant le programme de surveillance de l’état des eaux.
Sur les 4 lacs naturels où un état écologique est calculable :
Deux lacs atteignent le bon état. Il s'agit du lac de Clairvaux, dans le Jura, et du lac de Remoray, localisé dans le Doubs. L'ensemble des éléments de qualité physico-chimiques et biologiques devant être suivis sur ces plans d'eau (= EQ pertinents) sont ainsi classés en bon ou très bon état ;
Un lac est classé en état écologique médiocre : le lac de Saint-Point, situé dans le Doubs, en aval immédiat du lac de Remoray. L'élément de qualité biologique poissons est alors responsable de ce déclassement, associé à l'élément de qualité nutriments (paramètre Nitrates : Cf. détail par paramètre dans la partie consacrée aux éléments physico-chimiques généraux). L'étude du peuplement piscicole et de la végétation aquatique semble cependant présenter des signes d'amélioration (Cf. explications dans les parties consacrées aux macrophytes et aux poissons). Les prochains suivis devront être scrutés avec attention afin de voir si cette tendance se confirme ;
Un plan d'eau est classé en état écologique mauvais : le lac d'Ilay, localisé dans le Jura, en raison de l'élément de qualité poissons (Cf. explications dans les parties consacrées aux poissons). L'évolution du peuplement piscicole du plan d'eau est préoccupante, semblant traduire une tendance à l'eutrophisation du plan d'eau (les autres descripteurs écologiques ne montrent cependant pas une telle évolution).
Sur les 5 plans d'eau d'origine anthropique où un potentiel écologique est calculable :
Deux affichent un bon potentiel écologique : la retenue de Figari en Corse-du-sud, et la retenue de Villefort, en Lozère ;
Trois sont classés en potentiel écologique moyen : pour la retenue de Codole, en Haute-Corse, et la retenue de Vinça, située dans les Pyrénées-Orientales, l'altération du compartiment phytoplanctonique, associé aux éléments de qualités physico-chimiques généraux (nutriments uniquement pour Vinça et nutriments plus transparence pour Codole), sont responsables de ces déclassements (Cf. partie consacrée au phytoplancton et aux éléments physico-chimiques généraux). Sur le réservoir d'Avène, situé dans l'Hérault, en tête de bassin de l'Orb, seule la qualité physico-chimique des eaux, et plus précisément le paramètre Nitrates (EQ nutriments) est en cause (des concentrations relativement élevées en nitrates, comprises entre 4.8 et 5 mg/l, sont mesurées sur les deux premières campagnes annuelles).