Les macrophytes regroupent l'ensemble des végétaux aquatiques visibles à l'oeil nu. Ils sont étudiés au niveau de plusieurs unités d'observations (UO) positionnées sur les différents types de rives du plan d'eau afin de disposer d'une image représentative du peuplement macrophytique. Le nombre d'UO étudiées est fonction de la superficie du plan d'eau : généralement de 3 à 8 UO par plan d'eau. Sur chaque UO, deux types de relevés floristiques sont réalisés :
Un relevé de la zone littorale permettant d'inventorier la zone peu profonde du plan d'eau : il correspond à la prospection d'une bande de 100 mètres de long, parallèle à la rive et pouvant s'étendre jusqu'à 1 mètre de profondeur ;
Trois profils perpendiculaires à la rive, distants de 50 mètres chacun, de minimum 20 m et maximum 100 m de long où sont effectuées 30 recherches de macrophytes (points contacts) réparties de manière régulière le long des transects. Ces profils permettent d'étudier la zone profonde du plan d'eau, abritant les espèces purement aquatiques.
Cette méthode d'échantillonnage correspond à l'application de la norme NF T90-328 et s'applique aux plans d'eau faiblement marnants (inférieur à 2 m de marnage).
L'évaluation de cet élément de qualité repose sur l'Indice Biologique Macrophytique en Lac (IBML) constitué à ce jour d'une métrique, la note de trophie qui traduit la productivité du milieu et qui est ensuite convertie en une valeur normée (EQR) de 0 à 1. Il exprime un niveau de "dégradation globale" du peuplement macrophytique du plan d'eau.
Les valeurs IBML de 2024 et des suivis antérieurs
MEA : Masse d'Eau Artificielle.
MEFM : Masse d'Eau Fortement Modifiée.
Indices calculés avec le SEEE (V1.0.1 de l'indicateur macrophytes)
Plus l’indice IBML tend vers 1, plus l’élément de qualité macrophytique s’apparente au très bon état.
Qualification : la qualification de la donnée est le niveau de confiance qu’un opérateur a dans la conformité d'un résultat (Correcte/Incertaine/Incorrecte)
L'IBML s'applique aussi bien aux plans d'eau naturels qu'aux plans d'eau d'origine anthropique (quand cet élément de qualité est jugé pertinent). Cependant, les valeurs obtenues sur les plans d'eau d'origine anthropique (cas du bassin du Grand-Large et du bassin du Réaltor en ce qui concerne le suivi 2024) ne sont pas utilisées pour évaluer le potentiel écologique des MEA/MEFM, selon les dispositions de l'arrêté "Evaluation" de juillet 2018 : il s'agit dans ce cas d'un outil complémentaire d'aide au diagnostic.
Les 5 lacs naturels ayant fait l'objet d'un suivi affichent un état macrophyte compris entre l'état moyen et le bon état :
Le Grand lac de Clairvaux et le lac d'Ilay dans le Jura, les lacs de Remoray et celui de Saint-Point localisés dans le Doubs, en amont de Pontarlier, sont tous classés en bon état pour ce compartiment biologique.
Pour les trois premiers lacs cités, le résultat fourni par l'indicateur IBML est conforme aux précédents suivis et semble conforter le bon état du compartiment macrophytique de ces plans d'eau, systématiquement évalué dans cette classe d'état depuis le début des suivis réalisés dans le cadre de la surveillance (4 à 5 suivis macrophytes réalisés sur ces plans d'eau depuis 2009). L'analyse des peuplements observés incite cependant à surveiller attentivement l'évolution de cette végétation ( Cf. rapports annuels en ligne sur le SIE).
Ainsi, sur le lac de Clairvaux, la nette régression des Characées, constatée depuis les suivis réalisés au milieu des années 2000, se confirme à nouveau, avec aucune détection de ce type de végétation en 2024. La très faible présence d'hélophytes est également à relever sur ce lac. La turbidité récurrente des eaux du fait de la remise en suspension de sédiments limoneux calcaires dès la moindre houle, constituant un frein à l'implantation de végétation, pourrait être un facteur explicatif. Le lac d'Ilay affiche également un peuplement macrophytique réduit au regard des potentialités du site. Quant au lac de Remoray, certaines espèces à valeur patrimoniale n'ont pas été revues depuis 2021. La sécheresse de 2018 est une hypothèse avancée pour expliquer ces résultats, la beine lacustre ayant subi un assec sur plusieurs mois pouvant influer sur le développement des espèces les plus sensibles.
Le lac de Saint-Point obtient une valeur d'indice IBML en limite de seuil de bon état (0.601 pour un seuil à 0.6). Pour ce plan d'eau, les quatre précédents suivis conduisaient à une évaluation en classe d'état moyen. Même si la valeur de l'indicateur obtenue en 2024 reste assez proche des précédents suivis, l'étude du peuplement semble montrer une tendance à l'amélioration avec la nette régression de l'élodée de Nuttall (espèce potentiellement proliférante), une stabilisation voire une sensible régression du développement du potamot pectiné (espèce eutrophe, polluo-tolérante), ainsi que de faibles développements d'algues filamenteuses.
Le lac de Petichet est classé en état moyen pour l'élément de qualité macrophytes avec une valeur IBML assez stable sur les derniers suivis. Le lac de Pétichet ne présente aucun herbier aquatique. Ainsi, les relevés effectués le long des profils perpendiculaires sont presque dépourvus de végétation aquatique. Seuls les premiers points contacts, réalisés en bordure, permettent de détecter quelques espèces présentes dans les roselières. Le cortège floristique rencontré ensuite sur les profils se limite à la détection ponctuelle de quelques algues. Chara contraria, observé localement en 2015 et 2018 n'a pas été revue en 2024, de même que le myriophylle en épi, observé en 2021.
Concernant les plans d'eau d'origine anthropique suivis sur le volet macrophytes en 2024 :
Le bassin du Réaltor atteint de nouveau le très bon état. Ainsi, la tendance à l'amélioration constatée sur la chronique des valeurs IMBL et le classement en très bon état macrophytes en 2021 se confirme pour ce suivi 2024. La modification des espèces dominantes des herbiers se maintient donc, avec la plus faible présence des espèces eutrophes comme les Potamots et les Naïades (abondants en 2012) au profit du fort développement des herbiers à characées (Chara contraria et Chara globularis), au profil écologique plus mésotrophe. La tendance à l'abaissement de la charge trophique des eaux du Réaltor (phosphore principalement), notable entre 2009-2015 et 2018-2024, joue un rôle structurant dans le développement de communautés macrophytiques plus mésotrophes.
La réservoir du Grand-Large reste évalué en état moyen, avec une valeur d'indice assez semblable aux deux précédents suivis de 2021 et 2018. La characée Nitellopsis obtusa au profil méso-eutrophe domine la composition des herbiers aquatiques rencontrés, accompagnée par des espèces caractéristiques de milieux eutrophes (Grande naïade, Myriophylle en épis, Cératophylle épineux). Il est constaté également le développement de l'espèce exotique envahissante Vallisneria spiralis, détectée ponctuellement en 2018 sur ce plan d'eau (1 UO, 1 profil perpendiculaire, 2 points contacts), et en 2021 (1 UO, 2 profils perpendiculaires, 8 points contacts), elle est nettement plus représentée en 2024 (2 UO, 5 profils perpendiculaires, 32 points contacts) et devient même dominante sur une unité d'observation, au dépend de Nitellopsis obtusa. Il faudra rester attentif à l'extension de cette espèce susceptible de former des herbiers monospécifiques denses, au détriment des autres espèces macrophytiques.
Pour aller plus loin dans l'analyse et l'évolution du peuplement macrophytique des plans d'eau investigués en 2024
Les liens suivants permettent d'accéder à des fiches de valorisation des données des échantillonnages macrophytes réalisées sur les plans d'eau suivis en 2024. Elles reprennent à la fois des informations structurantes du protocole d'échantillonnage (évolution de la proportion des différents types de rives, longueurs des profils perpendiculaires, transparence observée sur les UO inventoriées, profondeur de colonisation en macrophytes sur les différentes UO...) mais également des informations sur la composition des listes floristiques (zoom sur les taxons à forte/faible sensibilité écologique, accès à la liste floristique 2024...) et sur l'évolution des métriques de l'indice IBML au cours des suivis.
Fiche de valorisation macrophytes du lac de Clairvaux 2024
Fiche de valorisation macrophytes du bassin du Grand-Large 2024
Fiche de valorisation macrophytes du lac d'Ilay 2024
Fiche de valorisation macrophytes du lac de Petichet 2024
Fiche de valorisation macrophytes du bassin du Réaltor 2024
Fiche de valorisation macrophytes du lac de Remoray 2024
Fiche de valorisation macrophytes du lac de Saint-Point 2024