Plus de mille substances sont recherchées par prélèvement sur les plans d'eau faisant l'objet d'un suivi des micropolluants (plans d'eau du RCS : tous les 6 ans / plans d'eau du CO à risque "Substances" et/ou "Nutriments" et/ou "Pesticides" : tous les 3 ans). Ces substances sont analysées à chacune des quatre campagnes annuelles sur un échantillon intégré de la zone euphotique (ZE), et sur un échantillon de fond (hors plan d'eau de très faible profondeur, hors plans d'eau à fortes contraintes d'accès comme certains plans d'eau de référence) et éventuellement sur un ou plusieurs échantillons intermédiaires (pour les plans d'eau de grande profondeur : > 100 mètres). Le tableau ci-dessous liste les plans d'eau ayant fait l'objet d'un suivi de ce type en 2024.
| Plan d'eau (département) | Intégré | Intermédiaire | Fond | Commentaire | Nombre total de prélèvements par an |
|---|---|---|---|---|---|
| Avène (34) | X | - | X | - | 8 |
| Codole (2B) | X | - | X | - | 8 |
| Figari (2A) | X | - | X | - | 8 |
| Grand Clairvaux (39) | X | - | X | - | 8 |
| Ilay (39) | X | - | X | - | 8 |
| Remoray (25) | X | - | X | - | 8 |
| Saint-Point (25) | X | - | X | - | 8 |
| Villefort (48) | X | - | X | - | 8 |
| Vinça (66) | X | - | X | - | 8 |
Les grands types de substances quantifiées
Le graphique ci-dessous illustre le nombre de quantifications enregistrées, pour les principales familles de micropolluants, par plan d'eau, sur l'année 2024 :
Nombre de substances recherchées par échantillon et par famille de micropolluants en 2024 : Micropolluants minéraux (26), Phytosanitaires (649), Emergents (158), Micropolluants organiques (228), HAP (18), PCB-Dioxines-Furanes (30) et autres (5).
Seules les valeurs qualifiées de correctes sont considérées dans le traitement.
Tous les prélèvements sont pris en compte (intégré de zone euphotique, fond et éventuels prélèvements intermédiaires).
En 2024, tous les plans d'eau ont fait l'objet du même nombre de prélèvements d'eau, 8 au total (prélèvement d'eau intégré de zone euphotique et prélèvement de fond à chacune des 4 campagnes annuelles), rendant les résultats obtenus en termes de nombre de quantifications directement comparables. Ainsi, toutes substances confondues, les retenues d'Avène dans l'Hérault, de Codole et de Figari en Corse, et surtout la retenue de Vinça, implantée sur la Têt, en amont de Perpignan, sont concernées par le plus grand nombre de quantifications de micropolluants (entre environ 160 et 190 quantifications annuelles). La part importante de quantification en substances émergentes explique ce classement pour la retenue de Vinça, tandis que le nombre élevé de quantifications en éléments traces métalliques est en grande partie responsable de ce résultat sur les trois retenues citées (fond géochimique relativement riche en ce type d'éléments sur ces trois plans d'eau).
Les éléments traces métalliques sont la principale famille de micropolluants retrouvée dans les eaux de plans d'eau (près de 760 quantifications tous plans d'eau confondus). Viennent ensuite les micropolluants organiques (près de 250 quantifications) et les substances émergentes (près de 220 quantifications), puis les autres substances (25 quantifications), les phytosanitaires (24 quantifications) et les HAP (17 quantifications). Aucune substance du groupe des PCB-Dioxines-Furanes n'a été quantifiée sur les plans d'eau suivis en 2024.
Les éléments traces métalliques (ETM) sont naturellement présents dans les eaux de surface (la composition en ETM dépend de la géochimie des terrains traversés), mais les activités anthropiques (principalement industrielles, minières et agricoles) contribuent à augmenter les concentrations observées et le nombre de composés retrouvés.
Le graphique ci-dessous illustre le nombre de quantifications des principales familles de micropolluants, hors métaux, afin de mieux discerner les quantifications des autres groupes de substances.
Les substances émergentes recherchées comprennent des résidus pharmaceutiques (128 substances), des stéroïdes et hormones (17 substances), des cosmétiques (7 substances), des stimulants (4 substances) et deux antimicrobiens.
Tous les plans d'eau suivis en 2024 ont présenté des quantifications de substances émergentes.
Seules deux catégories de substances émergentes sont principalement quantifiées sur les plans d'eau suivis en 2024 : des résidus pharmaceutiques et des stimulants. Tous plans d'eau confondus, la première catégorie de substances enregistre 131 quantifications et la seconde 85 quantifications. Les cosmétiques n'enregistrent que 2 quantifications (2 quantifications isolées sur 2 plans d'eau distincts, avec des concentrations proches de la limite de quantification du paramètre identifié), tandis qu'une seule quantification en stéroïde ou hormone a été quantifiée et aucun antimicrobien n'a été mis en évidence durant le suivi 2024.
Nombre de quantifications enregistrées en substances émergentes par plan d'eau sur l'année 2024
Les stimulants et résidus pharmaceutiques sont retrouvés sur la totalité des plans d'eau suivis en 2024.
Le nombre de quantifications en stimulants reste globalement assez homogène entre les différents plans d'eau suivis (moins d'une dizaine généralement) mais il est cependant plus élevé pour deux plans d'eau : le lac de Saint-Point, situé sur le cours amont du Doubs et la retenue de Vinça, où ce nombre atteint une vingtaine de quantifications.
En ce qui concerne la contamination par les résidus pharmaceutiques, ce contraste est encore plus marqué puisqu'un plan d'eau concentre à lui seul 43% des quantifications (56 quantifications/131) : il s'agit de la retenue de Vinça, localisée sur la Têt, à une trentaine de kilomètres à l'ouest de Perpignan. Sur ce plan d'eau, 11 substances médicamenteuses différentes sont ainsi retrouvées durant le suivi annuel. L'origine de ce "cocktail" est probablement à rechercher dans les rejets domestiques issus de la ville de Prades, localisée en amont immédiat et de la commune de Vinça. Par comparaison, entre 6 et 14 quantifications sont enregistrées en résidus pharmaceutiques sur les autres plans d'eau suivis cette même année.
Les substances pharmaceutiques proviennent essentiellement des rejets de station d'épuration qui traitent souvent de manière partielle ce type de composés. L'usage vétérinaire doit aussi être considéré (élevage, animaux domestiques) parmi les principales voies d'apport aux milieux aquatiques.
Trois substances émergentes sont très fréquemments quantifiées tous plans d'eau confondus (fréquence de quantification > 30 %) et celles-ci se retrouvent sur la totalité des plans d'eau suivis en 2024 (9/9) :
Un résidu pharmaceutique : la metformine, il s'agit de l'antidiabétique oral le plus prescrit pour traiter les patients atteints de diabète de type 2 et particulièrement les personnes en surpoids. Une utilisation en tant que coupe faim pourrait expliquer également son usage important et le fait qu'elle soit retrouvée à une fréquence de quantification très élevée et à des concentrations également assez importantes. Sa fréquence de quantification atteint près de 80 % ce qui signifie qu'elle est presque systématiquement quantifiée sur l'ensemble des prélèvements réalisés. Elle représente à elle seule 44 % des quantifications enregistrées en résidus pharmaceutiques. La concentration moyenne en metformine calculée à partir des résultats quantifiés atteint 0.05 µg/l (maximum 0.48 µg/l, retenue de Vinça).
Les deux autres substances sont des stimulants :
La caféine : stimulant présent dans le café, le thé, certains sodas (fréquence de quantification de 39 %) ;
La 1,7-diméthylxanthine ou paraxanthine, principal métabolite de la caféine dans l'organisme (fréquence de quantification de 38 %).
Il convient de relever également qu'une autre susbtance appartenant aux stimulants se retrouve sur la majorité des plans d'eau investigués en 2024 : la cotinine, sous-produit de dégradation par l'organisme de la nicotine, contenue dans le tabac (8 plans d'eau concernés / 29% de quantifications).
Ces stimulants sont éliminés via les urines et rejoignent les stations d'épuration où ils ne sont que partiellement traités et sont alors rejetés pour partie dans l'environnement avec les eaux épurées. Caféine, nicotine et cotinine peuvent ainsi être considérées comme des indicateurs de pollution des eaux par les rejets d'eaux usées domestiques. La quantification de nicotine dans le milieu aquatique peut aussi être liée directement à la dégradation des mégots de cigarettes jetés dans l'environnement, contaminant le milieu naturel via les rejets d'eaux pluviales.
S'agissant de la caféine, de la nicotine et de la cotinine, ces résultats sont cependant à prendre avec précaution, une récente étude menée par AQUAREF concluant que les résultats d'analyses menés sur ces paramètres sont largement faussés du fait d'un risque de contamination élevé des échantillons lors de la phase de prélèvement et/ou d'analyse (N. GUIGUES, B. LEPOT – Bassin Rhône Méditerranée : Evaluation de l’incertitude de mesure, incluant la contribution de l’échantillonnage, et influence de la température et du délai de transport de l’échantillon sur l’incertitude de mesure – Rapport Aquaref 2022 – 61 pages).
Les plus importantes concentrations ponctuelles en somme de résidus pharmaceutiques quantifiés au cours du suivi 2024 se retrouvent assez logiquement sur la retenue de Vinça, plan d'eau présentant, de loin, le plus grand nombre de quantifications en résidus pharmaceutiques enregistrées en 2024. La somme des concentrations en résidus pharmaceutiques quantifiés atteint ainsi jusqu'à 0.54 µg/l sur ce plan d'eau. Les 7 concentrations les plus importantes en somme de résidus pharmaceutiques concernent ce plan d'eau, avec des valeurs systématiquement supérieures à 0.25 µg/l. Cette situation résulte à la fois de la quantification sur chaque prélèvement de nombreux résidus pharmaceutiques (4 à 9 substances pour les prélèvements concernés) et d'une concentration systématiquement notable pour la metformine (de 0.13 à 0.48 µg/l selon les échantillons concernés).
Concernant les stimulants, en termes de somme de stimulants par échantillon, 6 valeurs dépassent le seuil de 0.5 µg/l. La liste des échantillons concernés comprend 5 plans d'eau différents, illustrant le caractère diffus de cette contamination. Une substance prend généralement une part importante dans la valeur somme calculée. Selon les échantillons, il s'agit soit de la nicotine, contribuant de 80 % à 95 % de la valeur somme observée pour 3 des 6 échantillons identifiés, soit de la caféine, contribuant pour sa part de 40 % à 55 % de la valeur somme observée pour 3 des 6 échantillons identifiés.
Des produits phytosanitaires sont quantifiés sur environ la moitié des plans d'eau suivis en 2024 (5/9 avec au moins une quantification).
Il s'agit bien souvent de quantifications ponctuelles. Globalement, peu de quantifications de ce type ont été enregistrées sur les plans d'eau suivis en 2024. Seuls deux plans d'eau présentent plus de deux quantifications de pesticides (Vinça et Figari) et parmi ceux-ci, seule la retenue de Vinça est concernée par des quantifications récurrentes d'une même substance. Cela illustre un type de contamination plus localisé, lié directement à la pression agricole s'exerçant sur les territoires géographiques étudiés.
Ainsi, sur la retenue de Vinça, implantée sur la Têt, l'AMPA est systématiquement retrouvée (fréquence de quantification de 100 %). Il s'agit du principal produit de dégradation de l'herbicide glyphosate (herbicide à large spectre pouvant encore être utilisé dans le domaine agricole sous certaines conditions d'usage, et des dérogations peuvent également exister pour des usages professionnels non agricoles liés à la sécurité : voies ferrées, aéroports, sites industriels...).
Tous plans d'eau confondus, ce sont essentiellement des métabolites d'herbicides et des fongicides qui sont retrouvés dans les échantillons d'eau (près de 80 % des quantifications de pesticides).
14 substances différentes ont été identifiées au total mais seulement 3 substances affichent plus d'une quantification. Il s'agit de l'AMPA, de la pendiméthaline (herbicide retrouvé ponctuellement sur les deux retenues de Corse suivies en 2024 : herbicide de pré-levée utilisé dans de nombreuses cultures, maïs, riz, coton, légumes, arbres fruitiers, et en zone non agricole pour l'entretien des pelouses) et du myclobutanil (fongicide ponctuellement retrouvé sur la retenue de Villefort : utilisé pour lutter contre l'oïdium, les rouilles et les taches noires sur diverses cultures : vignes, arbres, rosiers... / utilisation interdite dans l'union européenne depuis mai 2021, la fin d'autorisation d'utilisation des stocks datant de décembre 2022).
En termes de somme de pesticides quantifiés, seuls deux échantillons dépassent la valeur de 0.1 µg/l (0.102 et 0.121 µg/l). Ces concentrations restent donc relativement peu importantes comparativement à ce qui peut être observé sur certains plans d'eau et certaines années de suivi. Les deux échantillons en cause concernent la retenue de Vinça et la retenue de Figari. Dans le premier cas, ce résultat est dû à la quantification d'une seule substance, l'AMPA, métabolite d'herbicide, alors que dans le second cas, ce résultat est lié à la quantification ponctuelle de 9 substances phytosanitaires (cinq fongicides, deux métabolites d'herbicides, un herbicide et un insecticide), quantifiées entre 0.005 et 0.028 µg/l. Une pollution ponctuelle semble ainsi avoir touché le plan d'eau de Figari d'après les résultats de l'échantillon intégré de zone euphotique de la campagne du 6 juin 2024. L'alimentation de la retenue se faisant notamment par des dérivations d'autres bassins versants, il se peut que des apports par lessivage de terrains agricoles et viticoles aient eu lieu.
La liste des 10 concentrations les plus élevées mesurées par substance en 2024 fait systématiquement ressortir aux huit premières places le métabolite de l'herbicide glyphosate, l'AMPA (jusqu'à une concentration légèrement supérieure 0.1 µg/l), substance uniquement identifiée sur la retenue de Vinça lors de ce suivi annuel.
Les Hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) sont quantifiés sur la quasi totalité des plans d'eau (8/9) mais le nombre de quantifications par plan d'eau reste assez faible (de 1 à 3 quantifications). Près de 90 % de ces quantifications ne concernent qu'une seule substance, le naphtalène. La majorité du naphtalène présent dans l'environnement provient de combustions incomplètes (pyrolyse), principalement du chauffage domestique au bois, et de la sublimation du naphtalène utilisé comme répulsif pour les mites [source : fiche de sonnées technico-économiques INERIS]. En cours d'eau, il s'agit du HAP le plus fréquemment quantifié (fréquence de quantification de 25 % sur le bassin Rhône-Méditerranée).
Parmi les autres micropolluants recherchés, quatre substances présentent une fréquence de quantification d'au moins 25 % et sont quantifiées sur au moins 75 % des plans d'eau investigués en 2024 (soit un minimum de 7 plans d'eau sur 9) :
Le n-butyl phtalate : substance en lien avec l'industrie du plastique. Les phtalates sont utilisés notamment comme plastifiant dans les matières plastiques (PVC). Les principales sources d'émission de phtalates dans l'environnement sont plutôt diffuses : utilisation des produits finis en contenant, dégradation des déchets. Le compartiment atmosphérique semble jouer un rôle particulièrement important dans le transfert des phtalates, avec un maximum de contaminations observé en milieu urbain, dans des atmosphères confinées (auto, maison) ou dans les tuyaux PVC (Guide pratique micropolluants, AESN 2018).
La fréquence de quantification en n-butyl phtalate atteint 67 %. La concentration maximale atteint 0.29 µg/l, pour une moyenne de 0.1 µg/l et une valeur minimale de 0.06 µg/l. L'augmentation importante de la fréquence de quantification de ce paramètre en 2024 comparativement aux deux années précédentes (30 % en 2023, 41 % en 2022) s'explique en partie par une nette diminution du nombre d'échantillons ayant conduit à une réhausse de la limite de quantification (LQ) de la part du laboratoire d'analyses (7 % en 2024, contre 27 % en 2023 et 23 % en 2022), conduisant à un plus grand nombre de quantification sur l'année de suivi 2024.
Un autre plastifiant, le DEHP, est également quantifié sur la totalité des plans d'eau suivis en 2024 (9/9, fréquence de quantification de 49 %). Le di(2-éthylhexyl)phtalate (DEHP) est une substance dangereuse prioritaire de la DCE. Du fait de ses effets sur l'homme et sur l'environnement, il fait l'objet de nombreuses restrictions d'usages.
Des contaminations par ce type de substances, liées à la phase d'échantillonnage ne sont également pas à exclure. En effet, les plastifiants étant largement utilisés dans la composition des matériels d'échantillonnage, il est possible qu'une part plus ou moins importante des quantifications observées puisse être imputée à l'opération d'échantillonnage. La concentration maximale atteint 3.4 µg/l, pour une moyenne de 0.78 µg/l et une valeur minimale de 0.2 µg/l. De la même manière que pour le n-butyl phtalate, l'augmentation importante de la fréquence de quantification de ce paramètre en 2024 comparativement aux deux années précédentes (25 % en 2023, 32 % en 2022) s'explique en partie par une nette diminution du nombre d'échantillons ayant conduit à une réhausse de LQ (24 % en 2024, contre 33 % en 2023 et 35 % en 2022), conduisant à un plus grand nombre de quantification sur l'année de suivi 2024.
Le 4-tert-butylphénol : substance trouvant des applications industrielles diverses, est aussi retrouvée sur la totalité des plans d'eau inventoriés en 2024 (au moins une quantification sur chaque plan d'eau). Utilisée comme intermédiaire de synthèse dans la fabrication des résines phénoliques et époxydes et des polycarbonates ; antioxydant dans les polymères, dans les huiles et graisses (industrie alimentaire et fabrication d'huiles et graisses) ; stabilisateur dans les carburants et lubrifiants ; conservateur dans les produits cosmétiques et pharmaceutiques. Il est identifié comme substance extrêmement préoccupante en raison de ses propriétés perturbant le système endocrinien et pouvant avoir des effets graves sur l'environnement. Sa fréquence de quantification atteint 40 %. La concentration maximale observée en 2024 atteint 0.1 µg/l, pour une moyenne de 0.02 µg/l et une valeur minimale de 0.01 µg/l. Sa fréquence de quantification est très variable selon les années de suivi (14 % en 2023 et 24 % en 2022) et la fréquence des réhausses de LQ n'est dans ce cas pas un critère explicatif aux variations de quantifications observées (18 % des échantillons sont concernés par une réhausse de LQ en 2024, contre seulement 2 % en 2023 et 22 % en 2022).
Le N-butylbenzène sulfonamide (NBBS) : il s'agit d'un plastifiant utilisé dans de nombreuses applications industrielles. Sa présence potentielle dans les plastiques qui peuvent être utilisés lors de l'échantillonnage est également à considérer. Il est retrouvé sur 7 des 9 plans d'eau étudiés en 2024. Sa fréquence de quantification atteint 28 %, soit une valeur assez comparable à ce qui a été observé les deux années précédentes : 32 % en 2023 et 29% en 2022. La concentration maximale relevée en 2024 atteint 1.9 µg/l, pour une moyenne de 0.34 µg/l et une valeur minimale de 0.1 µg/l.
Enfin, plusieurs substances appartenant aux composés perfluorés (PFAS) sont rencontrées durant le suivi 2024. Cependant, les plans d'eau suivis en 2024 présentent peu de quantifications de ce type de substances : seule la moitié des plans d'eau est concernée et il s'agit systématiquement de quantifications isolées (pour un même plan d'eau, seule 1 substance fait l'objet de plus d'une quantification durant le suivi).
Les PFAS constituent une vaste classe chimique caractérisée par la substitution totale ou partielle d’atomes d’hydrogène par des atomes de fluor autour du carbone. Ces liaisons chimiques très stables en font des composés chimiques très peu dégradables dans l’environnement. C’est la raison pour laquelle les PFAS sont aussi connus sous le nom de « polluants éternels ». Ces molécules sont synthétisées par l’industrie chimique depuis la fin des années 40 en particulier afin d’élaborer des produits résistants à l’eau et aux produits gras. D’après la littérature, il existe plus de 8000 substances appartenant à cette classe chimique, toutes d’origine anthropique. En raison de leurs propriétés hydrophobes et lipophobes ainsi que de leur stabilité thermique et chimique, elles possèdent un champ d'application très large : vêtements contre la pluie, revêtements anti-adhésifs pour batteries de cuisine et revêtements superficiels anti-taches, mousses anti-incendie, etc. L’utilisation des PFAS et de leurs dérivés dans un ensemble relativement important de produits à usages industriels et domestiques fait que ces composés peuvent se diffuser largement dans l’environnement.
Sur les 22 PFAS recherchés en 2024, 7 composés distincts ont été quantifiés. L'abaissement progressif des limites de quantifications (LQ) sur ces paramètres permet dorénavant la détection d'un plus grand nombre de ces substances. Ainsi l'abaissement d'un facteur 10 de la LQ du sul PFOS par le laboratoire en charge des analyses entre les années de suivi 2021 et 2022 (passage de 0.02 µg/l à 0.002 µg/l = 2 ng/l) a permis de révéler la contamination du milieu par ce PFAS, suivi depuis 2018 mais jamais détecté.
Toutes substances confondues, les valeurs observées se situent entre 2 ng/l et 20 ng/l. Actuellement, seul le sul-PFOS est considéré dans l'évaluation de l'état chimique des plans d'eau au sens de la Directive Cadre sur l'Eau (Cf. partie consacrée à l'état chimique des plans d'eau).