L'élément de qualité bilan de l'oxygène reflète le niveau de désoxygénation de l' hypolimnion.
Il correspond à la moyenne du déficit observé entre la surface (2-3 premiers mètres de la colonne d'eau) et le fond (2-3 derniers mètres de la colonne d'eau) lors des campagnes estivales.
Plus le taux d’oxygène en profondeur est faible par rapport à la surface, plus l’état de cet élément de qualité est dégradé.
Il ne s'applique qu'aux plans d'eau présentant une stratification de la masse d'eau. Cet élément de qualité n'est actuellement pas pris en compte pour évaluer l'état/le potentiel écologique des plans d'eau et doit donc être considéré comme un élément de diagnostic complémentaire.
Le déficit en oxygène surface/fond observé en 2018 et lors des suivis antérieurs
Le tableau ci-dessus affiche l'état de l'élément de qualité selon les seuils de l'arrêté "Evaluation" de 2015 (seul un seuil est défini : 50 % limite B/MOY) et également selon des seuils ajustés afin de mieux mettre en évidence les situations les plus dégradées (MOY : 50 % - 80 % / MED : 81 % - 90 % / MAUV : > 90 %).
Les plans d'eau présentant les désoxygénations les plus marquées en 2018 (classes ajustées de MED à MAUV) sont ainsi les lacs de Remoray dans le Doubs, d'Ilay dans le Jura, de Pradeilles dans les Pyrénées-Orientales, de Petichet en Isère, ainsi que les retenues de Laprade-Basse dans l'Aude et de Codole et Figari en Corse. Pour ces plans d'eau, une couche d'eau d'ampleur plus ou moins importante devient totalement désoxyxénée en profondeur sur une, voire plusieurs campagnes d'échantillonnages. Ainsi, sur la retenue de Figari, où cet indicateur est le plus dégradé, une tranche d'eau de 7 mètres (juin) à 15 mètres (octobre) se retrouve totalement anoxique sur les trois dernières campagnes de l'année. La totalité de l'oxygène de cette tranche d'eau a ainsi été consommée par les organismes assurant la dégradation de la matière organique produite au sein de la masse d'eau et accumulée dans le sédiment.
Il peut être surprenant de retrouver le lac de Pradeilles parmi les plans d'eau listés ci-dessus. Dans ce cas, les caractéristiques de ce plan d'eau de haute altitude (1950 mètres), à la surface gelée une partie de l'année, sans tributaire (uniquement alimenté par la fonte des neiges et les précitations du bassin versant direct) et au faible renouvellement des eaux sont des facteurs à prendre en compte pour expliquer ce résultat. Ce lac présente également une désoxygénation de la couche profonde dès la première campagne annuelle, indiquant que le brassage de la masse d'eau n'a pas été complet et n'a pas permis la réoxygénation totale de la couche profonde. La forte teneur en matière organique du sédiment d'origine tourbeuse constitue également un facteur explicatif.
Cette anoxie est également détectable par l'augmentation des concentrations en ammonium, fer et manganèse dans les eaux de fond : les conditions réductrices engendrées par l'absence d'oxygène à l'interface eau/sédiment peuvent déclencher le relargage de ces éléments dans la colonne d'eau.