2. Les éléments de qualité

2.2 La physico-chimie

2.2.2. Le bilan de l'oxygène

L'élément de qualité bilan de l'oxygène reflète le niveau de désoxygénation de l' hypolimnion.
Il correspond à la moyenne du déficit observé entre la surface (2-3 premiers mètres de la colonne d'eau) et le fond (2-3 derniers mètres de la colonne d'eau) lors des campagnes estivales.

Plus le taux d’oxygène en profondeur est faible par rapport à la surface, plus l’état de cet élément de qualité est dégradé.

Il ne s'applique qu'aux plans d'eau présentant une stratification de la masse d'eau. Cet élément de qualité n'est actuellement pas pris en compte pour évaluer l'état/le potentiel écologique des plans d'eau et doit donc être considéré comme un élément de diagnostic complémentaire.

Le déficit en oxygène surface/fond observé en 2018 et lors des suivis antérieurs

Out[3]:
Valeur (% déficit surface/fond) Etat Bilan O2 Arrêté Etat Bilan O2 Ajusté
Nom du plan d'eau Année
Aiguebelette 2018 69 MOY MOY
2015 72 MOY MOY
2009 83 MOY MED
Avène 2018 50 B B
2015 45 B B
2012 42 B B
2009 Non adapté Non adapté Non adapté
Bouillouses 2018 19 B B
2015 25 B B
2007 46 B B
2006 Non adapté Non adapté Non adapté
2005 Non adapté Non adapté Non adapté
Clairvaux 2018 77 MOY MOY
2015 76 MOY MOY
2012 74 MOY MOY
2009 80 MOY MOY
Codole 2018 82 MOY MED
2015 87 MOY MED
2012 92 MOY MOY
2009 80 MOY MOY
Etival 2018 Non adapté Non adapté Non adapté
2007 Non adapté Non adapté Non adapté
2006 Non adapté Non adapté Non adapté
2005 Non adapté Non adapté Non adapté
Figari 2018 99 MOY MAUV
2015 93 MOY MAUV
2012 85 MOY MED
2009 95 MOY MAUV
Grand Large 2018 Non adapté Non adapté Non adapté
2015 Non adapté Non adapté Non adapté
2012 Non adapté Non adapté Non adapté
2009 Non adapté Non adapté Non adapté
Grand Maclu 2018 48 B B
2007 45 B B
2006 64 MOY MOY
2005 61 MOY MOY
Ilay 2018 82 MOY MED
2015 76 MOY MOY
2012 78 MOY MOY
2009 91 MOY MAUV
Laffrey 2018 64 MOY MOY
2015 46 B B
2009 58 MOY MOY
Laprade basse 2018 85 MOY MED
2015 81 MOY MED
2012 68 MOY MOY
2009 68 MOY MOY
Lauvitel 2018 34 B B
2007 29 B B
Malsaucy 2018 Non adapté Non adapté Non adapté
2015 Non adapté Non adapté Non adapté
2011 Non adapté Non adapté Non adapté
Matemale 2018 66 MOY MOY
2015 Non adapté Non adapté Non adapté
2012 53 MOY MOY
2009 55 MOY MOY
Monteynard 2018 36 B B
2015 43 B B
2009 36 B B
Notre-Dame-de-Commiers 2018 Non adapté Non adapté Non adapté
2015 Non adapté Non adapté Non adapté
2012 Non adapté Non adapté Non adapté
2009 Non adapté Non adapté Non adapté
Pradeilles 2018 85 MOY MED
2006 92 MOY MAUV
Puylaurent 2018 39 B B
2011 Non adapté Non adapté Non adapté
Pétichet 2018 86 MOY MED
2015 64 MOY MOY
2012 78 MOY MOY
2009 85 MOY MED
Remoray 2018 83 MOY MED
2015 81 MOY MED
2009 96 MOY MAUV
Réaltor 2018 Non adapté Non adapté Non adapté
2015 Non adapté Non adapté Non adapté
2012 Non adapté Non adapté Non adapté
2009 Non adapté Non adapté Non adapté
Saint-Point 2018 53 MOY MOY
2015 66 MOY MOY
2012 57 MOY MOY
2009 71 MOY MOY
Sautet 2018 11 B B
2015 Non adapté Non adapté Non adapté
2009 23 B B
Vallon 38 2018 11 B B
2007 6 B B
Vens 2018 53 MOY MOY
2007 50 B B
Villefort 2018 55 MOY MOY
2015 70 MOY MOY
2011 45 B B
Vinça 2018 32 B B
2015 52 MOY MOY
2012 50 B B
2009 Non adapté Non adapté Non adapté

Le tableau ci-dessus affiche l'état de l'élément de qualité selon les seuils de l'arrêté "Evaluation" de 2015 (seul un seuil est défini : 50 % limite B/MOY) et également selon des seuils ajustés afin de mieux mettre en évidence les situations les plus dégradées (MOY : 50 % - 80 % / MED : 81 % - 90 % / MAUV : > 90 %).

Les plans d'eau présentant les désoxygénations les plus marquées en 2018 (classes ajustées de MED à MAUV) sont ainsi les lacs de Remoray dans le Doubs, d'Ilay dans le Jura, de Pradeilles dans les Pyrénées-Orientales, de Petichet en Isère, ainsi que les retenues de Laprade-Basse dans l'Aude et de Codole et Figari en Corse. Pour ces plans d'eau, une couche d'eau d'ampleur plus ou moins importante devient totalement désoxyxénée en profondeur sur une, voire plusieurs campagnes d'échantillonnages. Ainsi, sur la retenue de Figari, où cet indicateur est le plus dégradé, une tranche d'eau de 7 mètres (juin) à 15 mètres (octobre) se retrouve totalement anoxique sur les trois dernières campagnes de l'année. La totalité de l'oxygène de cette tranche d'eau a ainsi été consommée par les organismes assurant la dégradation de la matière organique produite au sein de la masse d'eau et accumulée dans le sédiment.

Il peut être surprenant de retrouver le lac de Pradeilles parmi les plans d'eau listés ci-dessus. Dans ce cas, les caractéristiques de ce plan d'eau de haute altitude (1950 mètres), à la surface gelée une partie de l'année, sans tributaire (uniquement alimenté par la fonte des neiges et les précitations du bassin versant direct) et au faible renouvellement des eaux sont des facteurs à prendre en compte pour expliquer ce résultat. Ce lac présente également une désoxygénation de la couche profonde dès la première campagne annuelle, indiquant que le brassage de la masse d'eau n'a pas été complet et n'a pas permis la réoxygénation totale de la couche profonde. La forte teneur en matière organique du sédiment d'origine tourbeuse constitue également un facteur explicatif.

Cette anoxie est également détectable par l'augmentation des concentrations en ammonium, fer et manganèse dans les eaux de fond : les conditions réductrices engendrées par l'absence d'oxygène à l'interface eau/sédiment peuvent déclencher le relargage de ces éléments dans la colonne d'eau.