
L'état ou le potentiel écologique est déterminé par l'agrégation des éléments de qualité biologiques et physico-chimiques (éléments de qualité physico-chimiques généraux et polluants spécifiques de l'état écologique). L'élément de qualité Hydromorphologie, intervenant pour évaluer le très bon état des lacs naturels, n'est pas pris en compte dans l'attente du développement d'indicateurs spécifiques. L'état des éléments de qualité biologiques est déterminant dans l'attribution de l'état écologique des plans d'eau. Ainsi, les éléments de qualité physico-chimiques ne peuvent pas déclasser l'état écologique en deçà d'un état moyen, contrairement aux éléments de qualité biologiques qui peuvent conduire à un état écologique médiocre à mauvais dans le cas de milieux très altérés par rapport aux conditions de référence.
L'évaluation du potentiel écologique ne concerne que les plans d'eau d'origine anthropique (masses d'eau fortement modifiées MEFM et masses d'eau artificielles MEA). Elle ne prend en compte, pour l'instant, que l'élément de qualité Phytoplancton parmi les éléments biologiques. Le potentiel écologique des plans d'eau d'origine anthropique a été déterminé en considérant que les pressions hydromorphologiques hors contraintes techniques obligatoires (CTO) étaient nulles à faibles pour l'ensemble des plans d'eau.
Les règles d'évaluation de l'état écologique ici appliquées reposent sur la seule prise en compte des données 2018 (ou année antérieure la plus récente disposant de données pour l'élément de qualité "Poissons") afin de pouvoir présenter un état basé uniquement sur les données acquises sur cette année de suivi. Cette évaluation ne respecte donc pas strictement les règles de l’arrêté du 27 juillet 2018 relatif aux méthodes et critères d’évaluation de l’état écologique, de l’état chimique et du potentiel écologique des eaux de surface, prenant en compte les 6 années consécutives les plus récentes.
Agrégation des éléments de qualité biologiques et physico-chimiques et détermination de l'état/du potentiel écologique
Dpt : département.
Type : type de plan d'eau (NAT = naturel / ANTH = anthropique).
Etat PCH G : état des éléments physico-chimiques généraux (agrégation des éléments de qualité "concentration en nutriments NUTR" et "transparence TRANS").
Etat PSEE : état des polluants spécifiques de l'état écologique. 17 substances prises en compte : 4 métaux (arsenic, chrome, cuivre et zinc) et 13 polluants synthétiques, dont 12 pesticides. L'état affiché prend en compte les fonds géochimiques définis pour certains métaux, ainsi que leur biodisponibilité. Seules deux classes d'état sont définies : BON/MOYEN.
Etat BIO : état des éléments biologiques (agrégation des éléments de qualité "phytoplancton IPLAC" et autres éléments pertinents : "macrophytes IBML", "poissons IIL"). L'élément de qualité ichtyofaune n'étant pas nécessairement suivi la même année que les autres éléments de qualité (suivi Agence Française pour la Biodiversité), le résultat de la dernière année connue est considéré pour le calcul de l'état écologique.
Etat/Pot ECO : état écologique des plans d'eau naturels / potentiel écologique des plans d'eau anthropiques.
Classes d'état : TB/B/MOY/MED/MAUV/ND (non déterminé).
Commentaire... : Assouplis. = Assouplissement de la règle du paramètre déclassant / Déclas. = élément de qualité déclassant ou paramètre déclassant.
Le tableau présente en termes de classes d'état les résultats acquis sur les 28 plans d'eau ayant fait l'objet d'un suivi annuel en 2018 (22 plans d'eau du programme de surveillance + 3 plans d'eau de référence suivis dans le cadre de la campagne exceptionnelle phytobenthos + 3 autres plans d'eau de références). L'état/potentiel écologique n'est déterminable que sur 24 de ces plans d'eau, l'ensemble des éléments de qualité nécessaires à l'évaluation de l'état n'ayant pas été systématiquement suivi en application des règles de l'arrêté du 17 octobre 2018 modifiant l’arrêté du 25 janvier 2010 établissant le programme
de surveillance de l’état des eaux.
De même, les polluants spécifiques de l'état écologique (PSEE) ne sont pas suivis sur les plans d'eau dont seule la pression hydrologique est à l'origine du risque de non atteinte des objectifs environnementaux.
Sur les 11 lacs naturels où un état écologique est calculable :
8 atteignent le bon à très bon état. Il s'agit des 6 lacs de "références" suivis en 2018 (Lauvitel et Vallon en Isère, Vens dans les Alpes-Maritimes, Pradeilles dans les Pyrénées-Orientales et Etival et Grand-Maclu dans le Jura) et des 2 lacs jurassiens suivis dans le cadre du RCS : Clairvaux et Ilay. ;
1 lac est classé en état écologique moyen : le lac de Remoray, localisé dans le Doubs, en amont immédiat du lac de Saint-Point. L'élément de qualité biologique poissons est responsable du déclassement observé sur le lac de Remoray, les autres éléments de qualité biologiques (phytoplancton, macrophytes) et physico-chimiques respectant le bon état ;
1 lac est classé en état écologique médiocre : le lac de Petichet, en Isère, en raison de l'élément de qualité poissons. Cette évaluation paraît cependant un peu sévère pour ce plan d'eau. Une évaluation en état moyen paraît plus cohérente au regard des résultats des autres éléments de qualité physico-chimiques et biologiques et au regard de la sévèrité des seuils actuellement utilisés pour l'élément de qualité poissons (cf. explications dans la partie consacrée aux poissons).
1 lac est classé en mauvais état écologique : le lac de Saint-Point, localisé sur le cours amont du Doubs, en raison de l'élément de qualité poissons.
Sur les 13 plans d'eau d'origine anthropique suivis où un potentiel écologique est calculable :
11 affichent un bon potentiel écologique : le Grand-Large, Monteynard et Notre-Dame-de-Commiers, Puylaurent et Villefort, Avène, Laprade-Basse, Matemale, Réaltor, et les deux retenues Corse de Figari et Codole. Cette évaluation paraît cependant surévaluée pour ce dernier (Cf. explications dans la partie consacrée au phytoplancton pour Codole) ;
2 sont classées en potentiel écologique moyen :
Pour l'étang du Malsaucy, ce classement résulte uniquement du faible niveau de transparence du plan d'eau, reflet des forts développements algaux observés sur ce plan d'eau. L'état obtenu pour l'élément de qualité phytoplanton semble ainsi surévalué sur ce plan d'eau étant donné les efflorescences algales rencontrées (Cf. explications dans la partie consacrée au phytoplancton) ;
Pour la retenue de Vinça, ce classement résulte uniquement de l'état altéré de l'élément de qualité biologique phytoplancton (Cf. explications dans la partie consacrée au phytoplancton).