Les figures ci-dessous présentent pour chacun des supports eau et sédiment les fréquences de quantification des micropolluants organiques autres quantifiés au moins une fois.
Sur les bassins Rhône-Méditerranée et de Corse, quelle que soit la région considérée, les paramètres les plus quantifiés sur le support eau sont :
le n-Butyl Phtalate (code SANDRE 1462) : il est utilisé dans une large gamme de produits d’usage courant, tels que les matières plastiques et cosmétiques (parfums, vernis...).
Sur les bassins Rhône-Méditerranée et de Corse, le n-Butyl Phtalate est quantifié dans respectivement 34 % et 30 % des échantillons. Il contamine 438 stations du bassin Rhône-Méditerranée et 22 stations du bassin de Corse. Les concentrations mesurées sont supérieures à 0.08 µg/l pour 50 % d’entre eux et supérieures à 0.14 µg/l pour 10 % d’entre eux. La concentration maximale mesurée est de 7.72 µg/l ;
l'EDTA ou Ethylène diamine tétraacétique (code SANDRE 1493) : c'est un agent chélatant utilisé dans plusieurs procédés industriels. Il entre dans la formulation de nombreux produits. La fiche de données toxicologiques et environnementales de l'Ineris précise que l’EDTA et ses sels sont utilisés principalement dans les produits de nettoyage industriel et domestique mais aussi dans les fertilisants agricoles.
Pour cette substance, l'Ineris propose des normes de qualité environnementale qui n'ont aucun statut réglementaire et doivent donc être considérées comme des valeurs guides et non des normes : 40 µg/l pour la concentration moyenne annuelle et 78 µg/l pour la concentration maximale admissible dans l'eau.
L’EDTA est quantifié dans 22 % des échantillons et contamine 170 stations du bassin Rhône-Méditerranée. Il n'a jamais été quantifié en Corse. Les concentrations mesurées sont supérieures à 11 µg/l pour 50 % d’entre elles ; 40 µg/l pour 12 % d’entre elles ; 78 µg/l pour 3 % d’entre elles. La concentration maximale mesurée est de 258 µg/l.
L’incapacité des stations d’épuration à éliminer ce composé (substance très peu biodégradable) explique en partie la contamination des cours d’eau par l'EDTA. Par ailleurs, son aptitude à former des complexes métalliques très stables peut priver les organismes vivants d’éléments essentiels (calcium, magnésium…) et faire de l’EDTA un composé très toxique ;
le bisphénol A (code SANDRE 2766) : il a longtemps été utilisé pour la fabrication de matériaux plastiques (récipients alimentaires, réservoirs pour distributeur d'eau, jouets...) et de résines époxy (film de protection des boîtes de conserve et canettes, cuves à vin...). Il trouve un nombre important d'applications dans de nombreux secteurs d'activité. Reconnu pour ses propriétés de perturbations endocriniennes, il est aujourd'hui interdit d'usage en France dans tous les contenants alimentaires.
Sur les bassins Rhône-Méditerranée et de Corse, le bisphénol A est quantifié dans respectivement 22 % et 19 % des échantillons. Il contamine 170 stations du bassin Rhône-Méditerranée et 11 stations du bassin de Corse. Les concentrations mesurées sont supérieures à 0.05 µg/l pour 50 % d’entre elles et supérieures à 0.15 µg/l pour 10 % d’entre elles. La concentration maximale mesurée est de 1.59 µg/l ;
le formaldéhyde (code SANDRE 1702) : c'est un intermédiaire de synthèse utilisé pour la fabrication de résines, de produits chimiques, d’engrais. Il est également employé comme agent désinfectant, comme biocide dans les industries agro-alimentaire, pharmaceutique et cosmétique.
Sa présence dans l’environnement résulte principalement des échappements non catalysés des automobiles et des rejets d’eaux usées provenant de la fabrication ou de l’utilisation du formol (Guide pratique des substances toxiques, AESN, 2008).
Pour cette substance, l'Ineris propose des normes de qualité environnementale (NQE) de 10 µg/l pour la concentration moyenne annuelle et de 100 µg/l pour la concentration maximale admissible dans l'eau. Ces valeurs n'ont aucun statut réglementaire et doivent donc être considérées comme des valeurs guides et non des normes.
Sur les bassins Rhône-Méditerranée et de Corse, le formaldéhyde est quantifié dans respectivement 18 % et 5 % des échantillons.Il contamine 241 stations du bassin Rhône-Méditerranée et 4 stations du bassin de Corse. Les concentrations mesurées sont supérieures à 2 µg/l pour 50 % d’entre elles ; 10 µg/l pour 3 % d’entre elles ; 100 µg/l pour une seule d’entre elles. La concentration maximale mesurée est de 189 µg/l ;
le tributylphosphate (code SANDRE 1847) : c'est un polluant spécifique de l'état écologique et dont la NQE est de 82 µg/l pour la concentration moyenne annuelle.
Le tributylphosphate est classé comme une substance cancérogène suspectée, et dangereuse avec des effets à long terme pour les milieux aquatiques. En Europe, il est principalement utilisé par l’industrie comme retardateur de flamme et comme solvant (fiche de données toxicologiques et environnementales des substances chimiques, Ineris, 2017).
Sur les bassins Rhône-Méditerranée et de Corse, le tributylphosphate est quantifié dans respectivement 13 % et 1 % des échantillons. Il contamine 240 stations du bassin Rhône-Méditerranée et 4 stations du bassin de Corse. Les concentrations mesurées sont supérieures à 0.009 µg/l pour 50 % d’entre elles et supérieures à 0.047 µg/l pour 10 % d’entre elles. La concentration maximale mesurée est de 110 µg/l.
Aucune station n'est déclassée par ce polluant spécifique de l'état écologique sur la période considérée.
Pour le support sédiment, quel que soit le bassin considéré les paramètres les plus quantifiés sont :
le toluène (code SANDRE 1278), substance pertinente à suivre.
Les usages du toluène sont multiples : essence, fabrication du benzène, intermédiaire de synthèse, solvant dans les peintures, l’encre, les produits pharmaceutiques, additif dans les produits cosmétiques (cf.fiche de données toxicologiques et environnementales de l'Ineris, 2016).
Sur les bassins Rhône-Méditerranée et de Corse, le toluène est quantifié dans respectivement 43 % et 5 % des échantillons. Il contamine 186 stations du bassin Rhône-Méditerranée et une seule station du bassin de Corse. Les concentrations mesurées sont supérieures à 15 µg/kg de matière sèche (MS) pour 50 % d’entre elles et supérieures à 77 µg/kg de MS pour 10 % d’entre elles. La concentration maximale mesurée est de 5200 µg/kg de MS ;
le DEHP (code SANDRE 6616), substance dangereuse prioritaire de l’état chimique.
Le DEHP est un plastifiant largement utilisé pour la production de PVC souple. Cependant, en tant que perturbateur endocrinien avéré, l’usage du DEHP est de plus en plus réglementé. Il est notamment interdit dans les produits à risque tels les cosmétiques, les jouets. Présent dans de nombreux produits, son émission dans l’environnement est majoritairement diffuse et par conséquent difficile à maîtriser.
Peu soluble, il s’adsorbe sur les sédiments où il se concentre et se dégrade plus difficilement. Sur les bassins Rhône-Méditerranée et de Corse, le DEHP est quantifié dans respectivement 37 % et 5 % des échantillons. Il contamine 161 stations du bassin Rhône-Méditerranée et une seule station du bassin de Corse. Les concentrations mesurées sont supérieures à 239 µg/kg de matière sèche (MS) pour 50 % d’entre elles et supérieures à 1300 µg/kg de MS pour 10 % d’entre elles. La concentration maximale mesurée est de 57000 µg/kg de MS ;
le crésol-para (code SANDRE 1638), substance pertinente à suivre.
Ce composé a été très utilisé pour la fabrication de résines synthétiques (bakélite).
Sur les bassins Rhône-Méditerranée et de Corse, le crésol-para est quantifié dans respectivement 21 % et 27 % des échantillons. Il contamine 98 stations du bassin Rhône-Méditerranée et 6 stations du bassin de Corse. Les concentrations mesurées sont supérieures à 113 µg/kg de MS pour 50 % d’entre eux et supérieures à 424 µg/kg de MS pour 10 % d’entre eux. La concentration maximale mesurée est de 2820 µg/kg de MS.
Une autre substance contamine fréquemment les cours d'eau du bassin Rhône-Méditerranée, le BDE209 (code SANDRE 1815), substance pertinente à surveiller. C'est un décabromodiphényléther utilisé comme retardateur de flamme dans les composés en plastique (boîtiers d'ordinateur et de télévision...) et produits textiles (moquette, tapisserie...).
Il est quantifié dans 31 % des échantillons et contamine 121 stations. Les concentrations mesurées sont supérieures à 14 µg/kg de matière sèche (MS) pour 50 % d’entre elles et supérieures à 60 µg/kg de MS pour 10 % d’entre elles. La concentration maximale mesurée est de 2650 µg/kg de MS.