COURS D'EAU

2. Les éléments de qualité

2.3. Les micropolluants

2.3.3. La contamination des bassins Rhône-Méditerranée et de Corse

2.3.3.8. La contamination par les pesticides

Les pesticides les plus fréquemment quantifiés.

La figure ci-dessous présente les 30 pesticides les plus fréquemment quantifiés.

Le glyphosate et son métabolite l’AMPA, principaux contaminants pesticides des cours d’eau…

Le glyphosate et son métabolite l’AMPA restent parmi les substances les plus quantifiées avec des fréquences de quantification respectives de 41 % et 81 %. Elles figurent également parmi les substances qui présentent les concentrations mesurées les plus élevées, respectivement 6.46 μg/l (Touloubre à Aix-en-Provence - Mars 2020, concentration exceptionnelle) et 99.6 μg/l (Bief de Cone à Montracol - Avril 2020).

Les données issues de la banque nationale des ventes distributeurs (BNVD) sont cohérentes avec ce constat puisque, pour les bassins Rhône-Méditerranée et de Corse, le glyphosate figure toujours en tête des ventes avec près de 4 000 tonnes vendues sur les années 2018, 2019 et 2020.

Son usage comme désherbant non sélectif est très courant. Il est employé en zones agricoles pour tous les types de culture.
Son utilisation par les collectivités a été interdite en 2017. Cette interdiction a été élargie aux particuliers le 1er janvier 2019.
La dégradation d'autres produits que le glyphosate (notamment des détergents) peut aussi être à l'origine des détections d'AMPA dans les eaux. Toutefois, si l'on retrouve de l'AMPA et du glyphosate dans une même analyse, en toute vraisemblance l'AMPA provient majoritairement de la dégradation de ce même glyphosate. Par ailleurs, la durée de vie de l’AMPA est supérieure à celle du glyphosate, ce qui explique également pourquoi l'AMPA ressort plus fréquemment et à de plus fortes concentrations dans les analyses d'eau.

S Métolachlore et ses métabolites (acides sulfonique -ESA- et oxalinique -OXA-), nouvelles contaminations ?

Le métolachlore est un herbicide interdit en France depuis 2003. Il a été remplacé par le S-métolachlore, qui est devenu l'un des produits les plus vendus pour le désherbage chimique du maïs depuis l'interdiction de l'atrazine. Si le S-métolachlore n'est pas très fréquemment quantifié (7 % des prélèvements) :

  • il contamine néanmoins un grand nombre de stations (113) et les concentrations sont supérieures à 0,28 µg/l pour 50 % des résultats quantifiés sur la période ;

  • ses produits de dégradation recherchés dans les cours d'eau depuis 2017, le Métolachlor ESA et OXA, présentent quant à eux des fréquences de quantification beaucoup plus élevées, respectivement 46 et 27 % et contaminent respectivement 281 et 223 stations. Quand ils sont quantifiés, leurs concentrations moyennes sont respectivement supérieures à 0,28 et 0,18 µg/l.

Les fongicides, une connaissance de la contamination limitée par les performances analytiques ?

Bien que les matières actives de la famille des fongicides et de la famille des insecticides soient moins répandues, elles représentent néanmoins chacune 19 % des matières actives quantifiées.

Avec des fréquences de quantification proches de 10 % pour le propiconazole et de 6 % pour le fosethyl-aluminium, ils sont les fongicides le plus quantifiés sur la période devant la carbendazime (4 %).

Avec près de 2 000 tonnes vendues sur les bassins Rhône Méditerranée et Corse sur la période 2018-2020, les ventes de fosethyl-aluminium restent élevées.

Les fongicides qui figurent parmi les matières actives les plus vendues sont les suivantes : foséthyl-aluminium, mancozèbe, metiram, folpel et chlorothalonil. Or, les laboratoires ne maîtrisent pas toujours l’analyse en routine de ces composés (composés non analysés ou limite de quantification élevée). A l’exception du foséthyl-aluminium, il reste toujours difficile de porter un diagnostic sur la contamination éventuelle des cours d’eau par ces substances.

Les 30 pesticides les plus fréquemment quantifiés dans l'eau :