Hydrométrie

L'hydrométrie est la mesure des caractéristiques des écoulements, elle permet d’apporter une description quantitative des débits d'eau. Le suivi quantitatif des cours d’eau est assuré par les services de l’Etat. Il permet de connaitre l'évolution des débits de certains cours d'eau caractéristiques sur de longues périodes. Les données de ces stations sont consultables sur la banque HYDRO du Ministère en charge de l'environnement. Les données acquises dans ce cadre servent à améliorer la connaissance du régime des cours d’eau et permettent la mise en œuvre de procédures réglementaires visant à mieux régir le partage de la ressource (ex. : Loi sur l’eau). Des informations sur la situation hydrologique sont également disponibles sur le site www.eaufrance.fr où sont publiés des bulletins de situation hydrologique.

Bilan hydrologique de l'année 2019.

1er trimestre (janvier à mars)

Le manque de précipitations des mois de janvier, février et mars n’a pas permis une recharge efficace des nappes initiée au mois de décembre. L’équivalent en eau du manteau neigeux est très faible, voire nul, et se rapproche des plus bas niveaux connus depuis 60 ans. Le cumul des pluies efficaces est globalement faible sur l’ensemble du bassin et créé une situation très critique, tant pour les cours d’eau que les nappes phréatiques.

A la fin du premier trimestre, 60 % des cours d’eau ont un débit inférieur à la moyenne, et environ 10 % des rivières présentent un débit très inférieur à la moyenne. Le nombre de nappes à niveau modérément bas à très bas atteste de la dégradation des conditions hydrologiques constatée depuis le mois de janvier.

2ème trimestre (avril à juin)

La reprise trop tardive des précipitations au mois d’avril ne contribue plus à la recharge des nappes. Leur niveau est majoritairement bas à très bas, les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Occitanie étant les plus impactées. La faiblesse des pluies au mois de mai, conjuguée à la reprise de la végétation ne permet pas une réalimentation des nappes : leur niveau reste majoritairement bas à très bas. Enfin, l’épisode caniculaire de la fin du mois de juin a un impact sur les nappes. Leurs niveaux, à la baisse sur 71 % des stations de mesures, sont majoritairement modérément bas à très bas, traduisant en particulier une recharge 2018-2019 peu abondante, due aux précipitations faibles et tardives de l’automne et de l’hiver.

La situation des cours d’eau s’améliore tout de même à la fin du trimestre sur l’ensemble du bassin. La part des cours d’eau à faible et très faible débit diminue de 10 % (passant de 70 à 60 %) en particulier dans la région Bourgogne-Franche-Comté où seulement un quart des cours d’eau enregistre des débits faibles. En revanche, la situation est très dégradée en région Provence-Alpes-Côte-d'Azur (82 % des cours d’eau présentent un faible débit), en Occitanie et en Auvergne-Rhône-Alpes (77 % et 52 % des cours d’eau sont respectivement dans cette situation).

Au 10 juillet, 18 départements ont pris des mesures de limitation des usages de l’eau sur toutes les régions du bassin. 8 départements en Rhône-Alpes (Ain, Ardèche, Drôme, Isère, Loire, Rhône, Savoie et Haute-Savoie), 3 départements de Bourgogne-Franche-Conté (Côte d’Or, Saône-et-Loire et Doubs), 4 départements sur le versant méditerranéen de l’Occitanie (Aude, Gard, Hérault et Pyrénées-Orientales) et 2 départements en région Provence-Alpes-Côte-d'Azur (Var et Vaucluse). Les mesures prises atteignent pour certaines le niveau d'alerte renforcée concernant les eaux souterraines.

3ème trimestre (juillet à septembre)

Le récent épisode caniculaire de fin juillet aggrave la situation des nappes déjà bien impactées par les fortes chaleurs de fin juin. Les faibles pluies tombées au mois d’août ont pu bénéficier localement à certaines cultures. Le niveau des nappes souterraines est toujours en baisse avec 71 % d’entre elles qui présentent un niveau modérément bas à très bas, en particulier dans les couloirs de la Saône et du Rhône moyen. Des épisodes pluvieux à faible intensité se poursuivent au mois de septembre. Ils ne sont cependant pas assez importants pour avoir un impact sur les nappes souterraines : le taux de nappes à niveau modérément bas à très bas demeure très important (72 %).

La situation des cours d’eau se dégrade notamment en région Auvergne-Rhône-Alpes où l’évolution est spectaculaire en juillet : 74 % des cours d’eau présentent un débit faible. A la fin du trimestre, la situation des cours d’eau est majoritairement très critique puisque 80 % des stations présentent des débits bas à très bas. Seules les régions Provence-Alpes-Côte-d'Azur et Occitanie conservent des cours d’eau à débit moyen.

Au 10 octobre, 27 départements ont pris des mesures de limitation des usages de l’eau sur l’ensemble des régions du bassin : 9 départements ont des zones au niveau de crise (Côte d’Or, Saône-et-Loire, Ain, Ardèche, Bouches-du-Rhône, Var, Aude, Gard et Lozère), 13 départements ont des zones en alerte renforcée (Haute-Marne, Vosges, Doubs, Haute-Saône, Territoire-de-Belfort, Drôme, Isère, Loire, Rhône, Hautes-Alpes, Vaucluse, Hérault et Pyrénées-Orientales), 4 départements ont des zones en alerte (Jura, Savoie, Haute-Savoie et Alpes-de-Haute-Provence) et un département en vigilance (Alpes-Maritimes).

4ème trimestre (octobre à décembre)

Les fortes précipitations durant la seconde quinzaine d’octobre sur la moitié sud du bassin ont entraîné une hausse des niveaux par rapport à septembre. Les différents types d’aquifères s’améliorent sur le versant méditerranéen d'Occitanie. Les pluies ont profité également à certains cours d’eau qui enregistrent à nouveau des débits forts à très forts sur le versant méditerranéen de l’Occitanie et en région Provence-Alpes-Côte-d'Azur.

En novembre, les pluies se poursuivent. En Provence-Alpes-Côte-d'Azur et sur le versant méditerranéen de l'Occitanie, les débits des cours d'eau augmentent jusqu'à déclencher des phénomènes de crues accompagnées de dégâts dans les départements de la bordure méditerranéenne. 4 départements maintiennent des mesures de limitation des usages de l'eau essentiellement sur les nappes (Ain, Drôme, Isère, Pyrénées-Orientales). Les précipitations du mois de décembre ont permis la poursuite de l’amélioration de la situation des cours d’eau sur toutes les régions. Les précipitations profitent également à l’amélioration de la situation des nappes.

Au 10 janvier 2020, 4 départements conservent des mesures de limitation des usages de l’eau. Parmi eux, 3 départements conservent, comme plus haut niveau de restriction, l’alerte renforcée : l’Ain, la Drôme et l’Isère.

Stations hydrométriques représentatives du bassin

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